jeudi 19 juillet 2012

Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro , compagne de Robert Capa

gerda-taro-i robert capa copie 11 Le 1er août 1937, le jour de ses 27 ans précisément, la photographe Gerda Taro est enterrée au Père-Lachaise à Paris en présence d’une foule de milliers de personnes, dont Aragon et Pablo Neruda. C’est une martyre de l’antifascisme que l’on célèbre : Gerda est morte quelques jours plus tôt, écrasée par un char, alors qu’elle couvrait la guerre civile espagnole pour la presse communiste. Une vingtaine de mois auparavant, cette jeune femme était une parfaite inconnue, juive allemande réfugiée en France, connue par l’état civil sous le nom de Gerta Pohorylle. C’est au printemps 1936 qu’elle et son compagnon, Endre Friedmann, prendront les noms respectivement de Gerda Taro et Robert Capa pour lancer vraiment leur carrière de photojournalistes, qui les conduira d’abord en Espagne.

Gerta est née le 1er août 1910 à Stuttgart , c’est la première femme photographe morte au combat
 Le 30 janvier 1933, Hitler arrive au pouvoir. Le 19 mars, Gerta est arrêtée et emprisonnée à Leipzig, soupçonnée d’avoir diffusé des tracts antinazis du RGO (Opposition Syndicale Révolutionnaire) liée au parti communiste.
  Elle sera libérée au bout de dix-sept jours grâce à son passeport polonais et à l’intervention du consul de Pologne alerté par ses parents. A la fin de l’été 1933, elle est à Paris où la plus grande part de l’intelligentsia antifasciste d’Europe centrale s’est réfugiée. C’est le temps de la vache enragée : jeune fille au pair, petits travaux au noir, chambre partagée à deux. Elle fréquente les cafés de Saint Michel et de Montparnasse Le dôme où se retrouvent des opposants allemands au nazisme : Walter Benjamin, Joseph Roth, Arthur Koestler, Willy Brandt, Bertold Brecht, Anna Seghers, et d’autres moins connus.

En septembre 1934, elle rencontre Endre (André) Friedmann ( Robert Capa ) , un jeune photographe hongrois qui a fui la dictature de Horthy après avoir été emprisonné. Lui aussi tire le diable par la queue. Il fréquente des amis photographes : André Kertész, Gisèle Freund, David Seymour dit Chim ou Henri Cartier-Bresson. En février 1937, ils partent ensemble pour l’Andalousie. A cette date apparaît la mention « Capa et Taro » comme signature des tirages. Elle ignore les propositions de mariage de Capa, elle veut rester libre et égale en tout. Le 1er mai, ils sont à Paris où des centaines de milliers de manifestants scandent : « No pasaran ! ». Dès la fin mai, retour en Espagne.

Elle signe désormais ses photos de son seul nom. Début juillet, elle assiste à Valence puis à Madrid au Congrès de l’Association internationale des écrivains. Alors qu’elle devait rentrer à Paris le lendemain, elle décide le 25 juillet 1937 à l’aube de retourner au front à Brunete. Elle y fera de nombreuses photos, alors que la bataille fait rage et que refluent les premières lignes républicaines. Dans la débâcle, sur la route de Madrid, sous les attaques des Stuka et des Heinkel allemands de la Légion Condor, juchée sur le marchepied d’une voiture, elle sera happée par un char républicain échappant au contrôle de son conducteur. Gerda éventrée sera transportée à l’hôpital de l’Escurial où elle décèdera, cinq jours avant de faire ses 27 ans.
 Capa aurait dit un jour : « Dans une guerre, il faut détester ou aimer quelqu’un, en tout cas prendre position, sinon on ne supporte pas ce qui se passe ».
En Espagne ils choisirent leur camp et leurs photos ont participé des espoirs et des angoisses du combat pour la liberté.

 Elle repose au père Lachaise , en présence de milliers de personnes, devient une manifestation antifasciste. Son éloge funèbre est prononcé par Pablo Neruda et Louis Aragon, même morte les nazis aucun respect, le sculpteur Giacometti lui fit un monument à sa tombe les nazis détruit à moitié reste une colombe .

 la famille Pohorylle réfugiée en Yougoslavie a été assassinée par les nazis.

mardi 3 juillet 2012

CAPA Robert (1913-1954) " Espagne "

Robert Capa ‘Near Barcelona, October 1938′ Robert Capa ‘Near Zhengzhou, June-July 1938′ CAPA Robert (1913-1954) -

Né à Budapest (Hongrie). A 23 ans il part pour l’Espagne mais c’est déjà un photographe expérimenté. En deux mois il sillonne toute la péninsule. Il se sert de son Leica comme d’une arme pour lutter contre le fascisme. Avec sa compagne, jeune photographe Allemande, Gerda Taro, qui périra sur le front en juillet 1937, il captera pour l’histoire les images de la tragédie espagnole.
 Tous savaient que cette lutte n’était pas simplement la lutte du peuple Espagnol. Ils croyaient et espéraient que la victoire républicaine provoquerait l’arrêt du fascisme dans toute l’Europe et qu’ainsi ils empêcheraient la guerre mondiale qui chaque jour paraissait inévitable. Le 5 septembre 1936 il prend cette photo restée célèbre, la mort du soldat Federico Borrell García, à Cerro Muriano, a douze kilomètres au nord de Córdoba. "Les photographies prises à Madrid permettent d’affirmer que Capa a compris que la vérité sur la guerre se situe, non seulement au cœur de la bataille, spectacle officiel, mais aussi sur les visages des soldats qui supportent le froid, la fatigue et l’ennui sur la ligne de front, et sur les visages des civils défigurés par la peur, la souffrance et la détresse.
Tout au long de sa carrière, Capa sera avant tout un photographe de personnes ; beaucoup de ses photos de guerre ne sont pas tant la chronique de faits que l’étude extraordinairement compréhensive et solidaire des gens plongés dans des situations extrêmes. Le 5 novembre 1938, Capa et Hemingway franchissent le fleuve Ebre pour passer une simple journée avec le général Lister et son 5e Corps d’Armée, qui résiste difficilement à une offensive nationaliste. Rentré à Barcelone, le 7 au matin, Capa apprend l’ampleur de l’offensive nationaliste. Aussitôt il repart vers le front qu’il trouve au sud-ouest de Urida, près de Fraga, où la lutte est particulièrement âpre. Capa réalise alors quelques-unes des photographies de première ligne de feu parmi les plus dramatiques de toute sa carrière.
 En les voyant encore aujourd’hui, on croit percevoir l’odeur âcre de la poudre et sentir la terre qui tremble sous les bombes. Le magazine Life consacre deux pleines pages à ces photos, Regards cinq pages et la 4e de couverture, tandis que Picture Post en dédie onze ! " D’après le texte de Richard Whelan, publié dans le catalogue de l’exposition au Centre d’Art Reina Sofia (Madrid - 1999). Alors que le travail des photographes espagnols fut souvent diffusé anonymement, ce qui explique qu’il est encore trop sous-estimé, Robert Capa fut sacré par le Picture Post " le plus grand photographe de presse du monde. " Agustí Centelles mérite, lui aussi le titre de "Capa Espagnol". Il décède le 25 mai 1954 à Nam Dinh, au sud d’Hanoi, au Vietnam, en faisant son métier de photo journaliste.